Boulgakov sous le feu en Russie et en Ukraine

29 juillet 2014

Il semble que tant les autorités russes et les chefs ukrainiens se sentent nostalgiques de l'ère stalinienne. Non seulement veulent-ils se battre sur le champ de bataille, ils veulent aussi rivaliser l'un avec l'autre au niveau de la bêtise intellectuelle en limitant la liberté culturelle. Dans les deux pays, les œuvres de Boulgakov sont sous le feu.

Depuis le début du mois déjà, après la Douma russe a adopté une loi qui interdit de jurer dans des spectacles publics à partir du 1er juillet 2014, des recommandations fortes ont été donné sur ce qui, au niveau de la littérature russe, devrait être enseigné dans les écoles, et ce qui doit être retiré. Par exemple, Tatiana l'héroïne d'Eugène Onéguine d'Aleksandr Pouchkine est présentée comme un modèle recommandé parce qu'elle parvient à surmonter sa passion, tandis que Le maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov a été marqué comme «dangereux», et ne peut plus faire partie du programme. Des nouveaux textes unifiés et des nouveaux manuels ont déjà été commandés et seront mis en place dans les prochaines années.

Et hier, le 28 juillet 2014, le Ministère de la Culture ukrainien a interdit la distribution de deux films russes, accusant les films de montrer un «mépris» envers l'Ukraine et la «distorsion des faits historiques en faveur de la Russie». Un des films en question est La Garde Blanche, réalisé par Sergueï Snejkine, et basé sur le roman éponyme de Boulgakov. «Selon les experts qui ont examiné ce film, il montre un mépris pour la langue ukrainienne, les gens et l'Etat, et certains faits sont déformés pour mettre en faveur la Russie», le ministère de la Culture a déclaré dans une déclaration en ligne.

Le ministère a également annoncé la décision de ne pas octroyer des licences de distribution pour le film, et d'interdire la diffusion du film dans les cinémas du pays et à la télévision. «D'autres sanctions au niveau de la culture peuvent suivre», a ajouté le ministère.

On a l'impression que, tant dans la Fédération de Russie et en Ukraine, une nouvelle génération de potentats a ressuscité qui pourrait parfaitement servir comme des prototypes pour les personnages de Latounski, Ariman, Sempleïarov, Berlioz et Lavrovitch dans Le maître et Marguerite. Sans doute suivie par des opportunistes plus stupides et similaires à Bosoï, Mogarytch, Poplavski et Varienoukha. Si Mikhaïl Boulgakov vivait aujourd'hui, il aurait plus de suffisamment de matière pour écrire Le maître et Marguerite - La suite.

Espérons que tant les dirigeants russes et ukrainiens verront bientôt que les manuscrits ne brûlent pas. Et la pellicule non plus, d'ailleurs. Et nos lecteurs, bien sûr, ne sont pas déprivés de quoi que ce soit, puisque Le maître et Marguerite et La garde blanche restent disponibles dans notre boutique en ligne. Avec des sous-titres en français et d'autres langues. Pour le reste, nous sentons un besoin urgent de crier: «Béhémoth! Eins, zwei, drei...!»

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