Marguerite

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Rôle

Marguerite Nikolaïevna est l'amante du maître. Elle le rassurait et prenait soin de lui jusqu'au jour où il se terra dans un hôpital psychiatrique, complètement désespéré par la tournure que prenait son roman. A un moment, Woland contacte Marguerite par l’entremise d’Azazello et lui demande d'être l'hôtesse de son grand bal. Elle apprend alors la sorcellerie: elle découvre l’invisibilité et apprend également à voler sur un balai. Elle accepte l'invitation de Woland avec joie. Pour la remercier de son aide au bal, Satan lui accorde un vœu: le souhait le plus cher de Marguerite est de retrouver son aître adoré. Son vœu est donc exaucé.

Contexte

Le prototype principal pour Marguerite était Elena Sergueïevna Chilovskaïa (1893-1970, la troisième femme de Boulgakov). Tout comme le maître et Marguerite, Boulgakov et Chilovskaïa étaient mariés tous les deux quand ils se sont rencontrés et sont tombés amoureux immédiatement. Chilovskaïa était l'épouse du lieutenant-général Yevgueni Aleksandrovitch Chilovski (1889-1952), et leur rencontre eut lieu à l'occasion d'une fête de Maslenitsa dans la rue Bolchoï Gnezdnikovski pereulok no. 10, près du boulevard de Tver, l’artère principale de Moscou. Dans le roman, le maître et Marguerite se sont rencontrés pour la première fois quand «elle allait quitter le boulevard de Tver pour prendre une petite rue».

Nous découvrons le nom de Marguerite dans la Deuxième Partie du roman. Auparavant, le maître avait dit qu'il ne dévoilerait jamais son nom.

Marguerite a des caractéristiques de Gretchen (une dérivation allemande de Marguerite) dans le Faust de Johann Wolfgang von Goethe (1749-1832) et de certains personnages historiques. Dans le chapitre 22, par exemple, Woland fait allusion à une reine française du 16ème siècle, Marguerite de Valois (1553-1615). Son mariage avec Henri de Navarre (1553-1610), qui est devenu le roi Henri IV plus tard, fut à la base du terrible Massacre de la Saint-Barthélemy: massacre perpétré par les catholiques contre les protestants huguenots à Paris, la nuit du 24 au 25 août 1572. Le mariage de Marguerite et Henri a connu beaucoup de tricherie réciproque, et de longues périodes de séparation. En 1599, il a été annulé. Marguerite a gardé son titre de reine.

Il y avait aussi Marguerite de Navarre (1492-1549), un autre prototype possible. Elle est devenue la femme la plus influente en France au cours de sa vie quand son frère a adhéré à la couronne comme François Ier (1494-1547). François Ier était le grand-père de Marguerite de Valois, et sa sœur Marguerite de Navarre était la grand-mère d’Henri IV, avec qui l'autre Marguerite s'est mariée plus tard. Troublé? Bien... Ne vous tracassez pas: sur le site internet de la bibliothèque de l'Université d'Angers, la confusion est encore plus dense car Marguerite de Navarre y est présentée comme «Marguerite de Valois, reine de Navarre». Il n'est pas étonnant que Boulgakov en aie fait un seul personnage. Toujours dans le chapitre 22, Korovïev suggère que Marguerite était «la ravissante arrière-arrière-arrière-petite-fille» d’une «reine française qui vivait au XVIème siècle».

Le philologue Ukrainien entêté Alfred Nikolaïevitch Barkov (1941-2004) était d'avis que le prototype de Marguerite n'était pas Elena Sergueïevna Chilovskaïa, mais Maria Fïodorovna Iourkovskaïa (1868-1953), une actrice Théâtre d'Art de Moscou MKhAT et connue sous le pseudonyme Maria Andreïeva. Elle fut la maîtresse de l'auteur russe Maxime Gorki (1868-1936) qui aurait été le prototype du maître. Selon Barkov, Marguerite aurait été une prostituée envoyée par Woland qui lui-même aurait été l'incarnation de Vladimir Lénine (1870-1924).



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