Marguerite

Rôle

Marguerite Nikolaïevna est la maîtresse du Maître. Elle le rassurait et prenait soin de lui jusqu'au jour où il se terra dans un hôpital psychiatrique, complètement désespéré par la tournure que prenait son roman. A un moment, Woland contacte Marguerite par l’entremise d’Azazello et lui demande d'être l'hôtesse de son grand bal. Elle apprend alors la sorcellerie: elle découvre l’invisibilité et apprend également à voler sur un balai. Elle accepte l'invitation de Woland avec joie. Pour la remercier de son aide lors du bal, Satan lui accorde un voeu: le souhait le plus cher de Marguerite est de retrouver son Maître adoré. Son vœu est donc exaucé.

Voyez ici le plaisir éprouvé par Marguerite lorsqu’elle s’envole sur son balai

Contexte

Le prototype principal pour Marguerite était, sans aucun doute, Elena Sergueïevna Chilovskaïa (1893-1970, la troisième femme de Boulgakov). Tout comme le Maître et Marguerite, Boulgakov et Chilovskaïa étaient mariés tous les deux quand ils se sont rencontrés et sont tombés « en amour » immédiatement. Chilovskaïa était l'épouse d'un officier supérieur de l'état-major général, et leur rencontre eut lieu dans la rue Bolchoï Gnezdnikovski pereulok, près du boulevard de Tver, l’artère principale de Moscou. Dans le roman, le Maître et Marguerite se sont rencontrés pour la première fois alors qu’ "elle allait quitter le boulevard de Tver pour prendre une petite rue".

Nous découvrons le nom de Marguerite dans la Deuxième Partie du roman. Auparavant, le Maître avait dit qu'il ne dévoilerait jamais son nom.

Marguerite a des caractéristiques de Gretchen (une dérivation allemande de Marguerite) dans le Faust de Goethe et de certains personnages historiques. Dans le chapitre 22, par exemple, Woland fait allusion à une reine française du 16ème siècle, Marguerite de Valois (1553-1615). Son mariage avec Henri de Navarre, qui est devenu le roi Henri IV plus tard, fut à la base du terrible Massacre de la Saint-Barthélemy : massacre perpétré par les catholiques contre les protestants huguenots à Paris. Comme elle ne pouvait pas avoir d’enfant, son mariage avec le roi français fut annulé.

Il y avait aussi Marguerite de Navarre (1492-1549), un autre prototype possible qui elle, avait des enfants. Ces deux Marguerites avaient pour habitude de soutenir des auteurs. Marguerite de Navarre était la sœur de François Ier, qui lui-même était le grand-père de Marguerite de Valois. Marguerite de Navarre était la grand-mère d’Henri IV, avec qui l'autre Marguerite s'est mariée plus tard. Troublé? Bien... Ne vous tracassez pas: sur le site internet de la bibliothèque de l'Université d'Angers, la confusion est encore plus dense car Marguerite de Navarre y est présentée comme "Marguerite de Valois, reine de Navarre". Il n'est pas étonnant que Boulgakov en aie fait un seul personnage. Toujours dans le chapitre 22, Korovïev suggère que Marguerite soit "la ravissante arrière-arrière-arrière-petite-fille" d’une reine française qui vivait au XVIe siècle".

Le philologue Ukrainien entêté Alfred Nikolaïevitch Barkov est d'avis que le prototype de Marguerite n'était pas Elena Sergueïevna Chilovskaïa, mais Maria Fïodorovna Iourkovskaïa (1868-1953), une actrice connue sous le pseudonyme Maria Andreïeva. Elle était la maîtresse de l'auteur russe Maxime Gorki qui - dans cette hypothèse - aurait été le prototype du Maître. Marguerite aurait été une prostituée envoyée par Woland qui lui-même aurait été l'incarnation de Vladimir Lénine.