The Master and Margareth - Aleksandar Petrovic
Comment est-il possible de comprimer un roman varié comme Le Maître et Marguerite dans un de film de 98 minutes ? Le réalisateur Aleksandar Petrovic s'est occupé de cette question d'une façon très pragmatique. Il a filmé une histoire assez univoque d'un auteur et dramaturge soviétique dont la pièce sur Ponce Pilate a été interdite pendant les répétitions. Mais sa maîtresse Marguerite et le démon Woland le soutiennent dans sa lutte contre les censeurs. Par conséquent le jeu est mis sur l'affiche d’un théâtre... et il est précédé par le spectacle de magie noire du professeur Woland. Quelques scènes ou personnages réputées du livre n'apparaissent pas dans le film. Et quelques scènes, personnages ou idées qui jouent un rôle important dans le livre, sont condensés dans juste une simple action et avec moins de personnages. Dans le film de Petrovic nous ne pouvons pas trouver une trace d'Ivan Bezdomny, George Bengalsky ou Sokov. Ils ne jouent aucun rôle. Annouchka, la femme qui a renversé l'huile de tournesol, est en même temps le chauffeur du tram qui décapite Berlioz. Les personnages punis par Woland dans ce film sont tous des adversaires directs du Maître. Ce n'est pas le barman Sokov à qui est dit qu'il mourra dans cinq mois du cancer de foie, mais le critique Lavrovitch. L'incident avec les dollars a lieu lors du spectacle de Woland au théâtre et il arrive au critique Latounski. Le spectacle lui-même n'est pas présenté par George Bengalsky, mais par le directeur de théâtre Rimski et dans le loge numéro 2 ce n'est pas Simpleïarov qui est frappé par sa femme, mais le critique Ariman. Et davantage: pas de bal de Satan, pas d'appartement numéro 50, Marguerite ne survole pas Moscou sur son balai, aucune intrigue biblique, pas de scène sur le mont des Moineaux…
En soi, tout cela ne devrait pas être trop grave pour ceux qui n'ont pas lu le livre avant de regarder le film. Un spectateur non informé peut regarder, au moins jusqu'à la soixante-dixième minute, une histoire plutôt bien construite avec, pourtant, un dénouement assez soudain dans une fin élaborée de façon insatisfaisante.
Ceux qui ont lu le livre auparavant, pourtant, auront des moments très difficiles. Le Maître du film n'est pas un débutant, mais un auteur déjà apprécié, populaire et tout à fait assuré. Ainsi son Ponce Pilate n'est pas, comme dans le roman, son premier oeuvre. Ce n'est pas un roman non plus, à propos, mais une pièce de théâtre et mis sur l'affiche en très bonne compagnie, entre des pièces réputées comme Hamlet et Le Roi Lear de William Shakespeare, Мещане ou Le Petit-bourgeois de Gorki et Philoktetes de Sophocle. L'histoire de Pilate n'est pas dans le film. Il est juste abordé comme une illustration de la "langue subversive du Maître", mais le contenu de l'histoire de Pilate n'a aucune importance comme, d'ailleurs, aucun des personnages bibliques. Ainsi nous ne trouvons aucune trace d'Afranius, Mort-aux-rats, Caïphe, Matthieu Lévi ou Judas de Kerioth.
Les personnages dans le film sont, en général, à peine explorés. Surtout la blonde Marguerite, jouée par l'actrice américaine Mimsy Farmer qui a émigré en Italie et plus tard en France, semble seulement y être parce qu'on avait besoin d'une femme (blonde) sur les affiches - suivant les bonnes traditions d'Hollywood. Elle ne joue pas vraiment mal, mais quand-même... la Marguerite rebelle avec sa personnalité ravissante du roman est devenue, dans ce film, une beauté douce et docile sans profondeur, en apportant de la couleur, mais pas de vie. Le Maître est interprété par l'acteur italien Ugo Tognazi (La Cage Aux Folles, La Grande Bouffe) comme un italien chic et modieux, dont les cheveux ne sont même pas ébouriffés quand ils essaient de le mettre dans une camisole par force. C'est vrai, il ne joue pas mal non plus, mais une identification est presque impossible et il est difficile de ne pas voir les manquements. La musique du film, écrite et enregistrée par Ennio Morricone est professionnelle, évidemment, mais ne crée pas toujours l'atrmosphere auquel vous pouvez vous attendre en ayant le roman dans l'idée. Quelques notes positives : Alain Cuny (Emanuelle, Camille Claudel) est convaincant comme Woland et l'acteur Serbe Velimir 'Bata' Zivoyinovic joue un Koroviev bizarre et divertissant.
Après tout le juron principal pour le vrai fan est probablement pas la blonde peroxyde Marguerite ou les scènes manquantes du livre, mais le fait que dans ce film, croyez-moi, le Maître a un nom! Dans le roman il dit : "У меня нет больше фамилии. я отказался от нее. Забудем о ней" ou "Je n’ai plus de nom. J’y ai renoncé. N’en parlons donc plus". Et effectivement, nous ne le connaîtront jamais . Mais dans ce film son nom est… Hmmm... non, cher lecteur, je suis un fan du livre, je ne peux pas le mettre sur l'écran. Si vous voulez vraiment le savoir, regardez vous-même. Je veux juste dire que son nom patronymique - ou le nom de père - est Afanachevitch, comme celui de Boulgakov, et que son nom de famille est le même comme celui du personnage principal du Roman théatral de Boulgakov.
Technical details
Médias
DVD et VHS
Réalisateur
Aleksandar Petrovic
Acteurs
Alain Cuny, Mimsy Farmer, Ugo Tognazzi
Date
1972
Temps
98 minutes
Langues
Italien
Sous-titres
Français
ASIN
B0013TMT38
The Master and Margareth sur DVD
Ce film fait partie du boîtier DVD spécial que nous avons réa-lisé pour fêter le 120ème anniversaire de Mikhaïl Boulgakov. Il est en langue italienne et sous-titré en anglais.
Feuilletons de TV
- Vladimir Bortko - 2005
- Maciej Wojtyszko - 1990
- Aleksandr Dzekoune - 1989
Films
- Stone Village Productions - 2012
- Giovanni Brancale - 2008
- Ibolya Fekete - 2005
- Sergueï Desnitsky - 1996
- Iouri Kara - 1994
- Paul Bryers - 1992
- Andras Szirtes - 1990
- Vladimir Vasiliev et Boris Iermolaïev - 1986
- Aleksandar Petrovic - 1972
- Andrzej Wajda - 1972
Films d'animation
- Rinat Timerkaïev - 2012
- Erika Pal - 2011
- Katie Brookes - 2010
- Terentij Oslyabya - 2008
- Charmet/Kimoff/Desserre - 2002
- Svetlana Petrova/Natalia Berezovaïa - 1997
Fragments
Bande sonore
The encounter - Ennio Morricone
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Version française
Si vous désirez acheter la version française, faites attention. La version française de 2004 ne contient pas la musique d'Ennio Morricone et, selon les réactions que j'ai reçu, la bande sonore passe allègrement du français à l'ita-lien puis au russe pour revenir au français. Assurez vous que vous achetez la version italienne/française (N° ASIN B0013TMT38) de 2008.

