Frieda

Français > Personnages > Personnages diaboliques > Frieda

Rôle

Frieda apparaît dans le roman au bal de Satan. Elle est une jeune femme d’une vingtaine d’années, aux formes singulièrement belles mais dont le regard fixe et angoissé trahissait une secrète obsession. Elle adore les bals, mais elle ne songe, selon Koroviev, qu’à une chose: se plaindre de son mouchoir. On lui a affecté spécialement une femme de chambre qui depuis trente ans est chargée, chaque soir, «de déposer le mouchoir sur sa table de nuit. Dès qu’elle se réveille, le mouchoir est là. Elle l’a déjà brûlé dans le poêle, noyé dans la rivière, mais cela n’a rien donné».

Le ceremonie avec le mouchoir a l'air d'être une punition pour quelque chose qu'elle a fait trente an d'avant. Au temps où elle servait dans un café, le patron, un jour, l’a attirée dans la réserve, et neuf mois après elle a mis au monde un petit garçon. Elle l’a emporté dans la forêt et lui a fourré le mouchoir dans la bouche, puis elle l’a enterré. Au tribunal, elle a dit qu’elle n’avait pas de quoi nourrir l’enfant.

Quand, après le bal, Woland veut récompenser Marguerite pour avoir été son hôtesse, elle pense toujours à sa réunion avec Frieda. Elle est toujours excitée par le fait que la femme a été punie pendant que la personne réellement responsable - le père de l'enfant - ne l'était pas. Donc la première chose qu'elle souhaite est «qu’on cesse d’apporter à Frieda le mouchoir avec lequel elle a étouffé son bébé». Woland ne veut pas le faire, parce que «à chaque département de régler les affaires qui sont de son ressort».. «Je ne le ferai certainement pas», dit-il, «C’est vous qui le ferez». Marguerite appelle Frieda, qui apparaît tout de suite et elle lui dit : «Tu es pardonnée. On ne t’apportera plus le mouchoir». Et c'est exactement ce qui passe...

Alors Woland dit: «Donc, cela ne compte pas. Moi, je n’ai rien fait. Que désirez-vous, pour vous?». Et ensuite le désir réel suit: «Je veux que maintenant, à l’instant même, on me rende mon amant, le Maître...»

Contexte

Dans les archives de Boulgakov a été trouvé un extrait du livre Die sexuelle Frage écrit par le neurologue et psychiatre suisse Auguste Forel (1848-1931). Forel a reçu quelques conflits avec l'Église catholique parce qu'il a cru que l'âme et le cerveau ont été raccordés inséparablement.

Forel ne s'est pas juste occupé de ses patients, il était aussi concerné par des réformes sociales. Il a travaillé avec des alcooliques et il était un membre actif du mouvement suisse contre l'abus d'alcool. Il était un abstème lui-même. Dans Die sexuelle Frage il a décrit les problèmes sexuels qu'il avait observés dans sa pratique. Un de ses objets d'étude était Fried Keller - qui avait tué un petit garçon - et une certaine Koniecko - qui avait étranglé un bébé avec un mouchoir.

Fried Keller a travaillé dans un café dans le canton suisse Sankt Gallen. Le propriétaire marié de l'endroit a été amoureux d'elle et quand elle avait 19 ans il l'a attirée dans la cave. En mai 1899 elle a accouché d'un garçon dans l'hôpital de Sankt Gallen. Son enfant a été placé dans un centre d’accueil, mais a dû sortir lde à après 5 ans. Forel a décrit en détail son état d'esprit émotionnel pendant la période juste avant le lundi de Pâques 1904, quand elle allait revoir son enfant. Mais elle avait entendu dire que les religieuses du centre d’accueil avaient décidé d'envoyer son enfant à sa soeur à Zürich. Elle a pris son enfant avec elle et l'a apporté au bois. Elle a creusé une tombe avec ses mains, a étranglé l'enfant avec un morceau de dentelle et est allée à la maison. Mais l'enfant a été trouvé par les bohémiens après une lourde douche de pluie et Fried Keller a été arrêté le 14 juillet.

Koniecko était une ouvrière de 19 ans de Silésie. Elle est devenue enceinte dans une situation semblable et a étranglé son enfant nouvellement né avec un mouchoir le 25 février 1908. Elle a été condamnée à 2 ans de prison. Cette injonction a été lourdement critiquée en Suisse parce que le coupable réel - le père de l'enfant qui l'avait abandonné - n'a pas été puni.

Boulgakov a combiné les biographies des deux femmes dans le personnage de Frieda, ce qui peut être aussi une référence au Faust de Johann Wolfgang von Goethe (1749-1832), dans lequel Gretchen tue son enfant nouvellement né aussi.



Partager cette page |