Le dédoublement d'Ivan

L’ancien Ivan et l’Ivan nouveau

Boulgakov décrit «le dédoublement» de la personnalité d'Ivan. Ailleurs dans le livre on trouve un diagnostic de schizophrénie. Maintenant nous savons que les gens ayant la schizophrénie n'ont pas de double personnalité, ni de trouble dissociatif de l'identité. C'était pourtant une conviction largement répandue, certainement dans les années '30, comme le mot schizophrénie vient des mots grecs σχίζειν [skhizein] ou dédoubler et φρένα [frena] ou esprit. La schizophrénie était une des maladies les plus populaires lorsque les dissidents ou «les saboteurs» étaient arrêtés par la police secrète dans l'Union soviétique.

Dans la première version du Maître et Marguerite, Boulgakov a utilisé le terme mania furibunda ou manie frénétique pour décrire l'état de Biezdomni. Cette maladie mentale a été décrit par Franciscus Adalbertus Lux (1805-?) De la Faculté de médecine de la Königliche Friedrich Wilhelms Universität à Berlin, en Allemagne, en 1827.

Il est intéressant de voir quels mots Boulgakov utilise en russe pour décrire «l'ancien Ivan» et «l'Ivan nouveau». Le mot le plus commun en russe pour décrire «ancien» est старый [stari], mais Boulgakov décrit «l'ancien Ivan» comme ветхий [vetkhi], ce qui signifie aussi «ancien» ou «vieux», mais seulement utilisé dans le terme Ветхий Завет [Vetkhi Zavïet], ou l'Ancien Testament.

Il voyait en songe les palmiers aux troncs en pattes d’éléphant

Dans une version précédente du roman Ivan avait déjà rêvé des palmiers dans la scène à L'étang du Patriarche. Mais là on lui a dit sévèrement de ne pas chanter sous les palmiers, parce que «ce n'est pas pour ça qu'ils ont été plantés!»

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