Le crème d'Azazello

Azazello

Dans l’apocryphe Livre d'Hénoch de l'Ancien testament, Azazel était le chef des grigori, un groupe d'anges tombés qui se sont accouplés avec des femmes mortelles, dont découlait un genre de géants, connu comme les Nephilim. Azazel est particulièrement digne de mention parmi les grigori parce que c’était lui qui a enseigné aux hommes comment faire des armes de guerre, et aux femmes comment faire des cosmétiques et se maquiller. C’est donc grâce aux Azazel que les femmes ont appris «l’art coupable» de «peindre leurs visages», donc il est clair pourquoi il offre la crème qui rend Marguerite jeune de nouveau. Finalement, les enseignements d'Azazel ont créé une telle iniquité que Dieu a décidé de détruire toute la vie sur terre avec la notoire Inondation de Noah.

Azazel est un personnage diabolique commun dans beaucoup de religions. Dans la tradition juive Azazel était un démon vivant dans la région sauvage. Cette tradition juive a eu des disciples en Algérie et Maroc. Dans l'Islam Azazel est un Dzhin jeté du ciel parce qu'il avait refusé d'adorer Adam et parce qu'il était passionné par son concupiscence pour des filles mortelles.

En hébreu moderne l'expression «va à azazel» signifie autant que «tombe mort'. Les objets qui «sont allés à azazel», sont cassés et irréparables. Et le temps, l'argent ou les efforts qui «sont allés à azazel» sont pour toujours perdus. En bref, azazel est toujours une destination négative.

Elle laissa choir la boîte sur sa montre

Marguerite commence à avoir des problèmes avec la quatrième dimension - le temps. Bientôt elle se trouvera dans la cinquième dimension.

Comme si on venait d’ôter une aiguille de son cerveau

Après avoir appliqué la crème d'Azazello, Marguerite sent l'affaiblissement de la douleur lancinante qui avait enserré ses tempes toute la soirée, depuis la rencontre d'Azazello et ça sent «comme si on venait d’ôter une aiguille de son cerveau». Nous avons vu cette aiguille aussi avec Berlioz dans le premier chapitre et elle est présente à d'autres endroits dans le roman aussi, chaque fois quand des humains entrent en contact avec Woland ou quelqu'un de son escorte comme, par exemple, Stepan Bogdanovitch Likhodieïev dans le chapitre 7 et Nicanor Ivanovitch dans le chapitre 9.

Les accords tonitruants d’une valse échevelée

L'action est de nouveau accompagnée par la musique, mais cette fois-ci elle n'est pas spécifiée. Le «dirigent Boulgakov» ne donne pas d'indications sur quel thème musical nous devrions nous imaginer pour accompagner la transformation de Marguerite en sorcière.

Une danse russe

La plupart des gens connaissent cette danse russe, mais probablement pas de nom: вприсядку [vprisïadkou] veut dire en position accroupie, dans le contexte de la danse russe typique - le danseur s'accroupit sur une jambe avec l'autre allongée et change d'une jambe à l'autre dans une position accroupissante.

Un balai

Le mot que Boulgakov utilise pour le balai sur lequel Marguerite s'envole, n'est pas le balai typique qui est considéré comme l'outil d'une sorcière dans le monde occidental. Dans la plupart des représentations occidentales cette sorte de balai est fait de petits ruisseaux, reliés sur une hampe. Le nom de cette sorte de balai en russe est веник [vïenik]. Mais dans le roman, Marguerite s'envole sur une brosse ordinaire, une щетка [tchetka].

En outre, elle ne vole pas de la façon traditionelle des sorcières sur le balai. Habituellement, on représente les sorcières volant avec les brindilles du balai derrière elles. Mais Marguerite était sur le balai «щетиной вверх» [chtchetnoi vverkh] ou de manière inverse, avec «les poils vers le haut».

Une tchetka et un vïenik
Une tchetka et un vïenik

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