Autres personnages à Moscou

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George Bengalski

George Bengalsky est le maître de cérémonie dans le théâtre des Variétés. Il est un symbole pour les «éducateurs politiques» qui avaient un rôle active dans la société soviétique - Mikhail Boulgakov les a détestés. Donc il est rapidement décapité par Woland. Ce personnage est basé probablement sur Vladimir Ivanovitch Nyemirovitch-Dantchenko (1858-1943), un des directeurs du Théâtre d'Art de Moscou MKhAT. Boulgakov l'appelait un «vieux cynique». Il mourait d'envie de montrer son roman à ce «béotien». Dans son Roman Théâtral, Boulgakov avait déjà présenté ce Vladimir Ivanovitch sur la banque du fleuve Le Gange. Peut-être c'est une explication du nom Bengalski.

 La décapitation de Bengalski a été probablement inspirée par une scène du roman Métamorphoses, aussi connues comme l'Âne D'or, écrit par le Berbère romanisé Lucius Apuleius Platonicus (123 BC-80 BC). Métamorphoses est le seul roman latin qui a été préservé entièrement. La sorcière Moreya détache la tête du caractère principal, Socrates, et le remet intactement.

Anna Frantzevna de Fougères

Anna Frantzevna, la veuve du bijoutier de Fougères, a vécu dans l'appartement numéro 50 de Bolshaïa Sadovaïa oulitsa 302-bis avant Likhodieïev et Berlioz. Le nom de Fougères doit sembler étrange dans les oreilles russes, parce que фужер [fougèré] signifie verre de vin en russe. En Russie a vécu un bijoutier réel avec un nom semblable: Pierre-Karl Fabergé.

Fabergé était un russe de la troisième génération qui gérait la bijouterie que son père avait fondée en 1870 à Saint-Petersbourg. Il a ouvert des points de ventes à Moscou, Odessa, Paris et Londres. Ses artisans ont fait beaucoup d'objets luxueusement décorés, mais sont devenus réputés partout dans le monde avec les œufs impériaux de Pâques qui étaient très populaires chez les deux derniers tsars entre 1881 et 1917.

Un parent lointain du bijoutier réel, A. P. Fabergé, a vécu dans Pretchistenka 13, où certains des amis de Boulgakov ont vécu plus tard. Boulgakov était un visiteur fréquent de cette maison quand il a commencé à vivre à Moscou. Le chandelier et l'escalier dans le roman sont fondés probablement sur les exemples qu’il avait vu là.

Savva Potapovitch Kouroliessov

Kouroliessov est l'acteur qui, dans le songe de Nicanor Ivanovitch, déclame des fragments du Chevalier Avare du poète russe Alexander Sergueïevitch Pouchkine (1799-1837). Son nom est dérivé du verbe куролесить [kourolesit], ce qui veut dire jouer des trucs. Pendant son spectacle Kouroliessov raconta longuement, sur soi-même, «les plus vilaines choses».

Prokhor Petrovitch (Procha)

Prokhor Petrovitch est le président de la Commission des spectacles et des délassements comiques. Quand Béhémoth vient le voir «pour lui parler de deux ou trois petites choses» il se met en colère et lui a dit: «Mais qu’est-ce que c’est que ça? Qu’on le chasse, immédiatement ! Ou que le diable m’emporte!». Béhémoth se met à rire et dit: «Que le diable vous emporte? Eh bien, mais c’est faisable!» Et aussitôt – crac! Petrovitch disparaît, mais son costume est toujours là et continue à travailler comme si rien n’est arrivé. Pas pour longtemps pourtant. Il rentre dans son costume immédiatement après l’arrivée de la milice dans son cabinet, ce qui plonge Anna Richardovna dans une joie extasiée, et la milice, inutilement dérangée, dans la plus grande perplexité.

La Commission des spectacles et des délassements comiques que Petrovitch préside est sans doute le Государственного объединения музыки, эстрады и цирка (ГОМЕЦ) [Gosousarstvennogo obedinenia muzyki, estradi i tsirka] (GOMEC) ou l'Union d'État pour les Entreprises de Music-hall, Concerts et Cirque, qui se trouvait dans le bâtiment du Vieux Cirque, au Tsvetnoi bulvar no. 13, où on trouve le Cirque Iouri Nikoulin aujourd'hui.

Anna Richardnova

Anna Richardovna est la secrétaire de Prokhor Petrovich (Procha), le président de la Commission des spectacles et des délassements comiques. Elle appelle son patron Procha, ce qui est assez inconvenant dans un cadre de travail.

Le professeur Kouzmine

Le professeur Kouzmine est le docteur à qui Andreï Fokitch Sokov, le bufettier du théâtre des Variétés, se rend après avoir entendu dire qu'il allait mourir du cancer. Comme Annouchka, ce personnage a vraiment existé comme il est décrit dans le roman. Kouzmine fut l'iun des docteurs qui ont traité Boulgakov au cours des années ‘30. En réalité le docteur Kouzmine a vécu dans la rue Sadovo Koudrinskaïa 29, mais dans le roman Boulgakov situe son cabinet sur Bolchaïa Sadovaïa oulitsa no. 5, à l'adresse de la maison où a vécu Elena Sergueïevna Chilovskaïa (1893-1970), la troisième femme de Boulgakov. Ce bâtiment était démoli pour faire de la place pour le l'hôtel Pekin, un des plus grands hôtels à Moscou.

Nikolaï Ivanovitch

Nikolaï Ivanovitch est le voisin d'en bas de Marguerite qui se frotte avec le restant de la crème d'Azazello et qui change dans un cochon. Il devient copain de la femme de chambre de Marguerite, la jolie Natacha, qui vole sur son dos au grand bal de Woland. Il reçoit de Woland, très exceptionnellement, un certificat déclarant qu'il «a passé la nuit indiquée à un bal chez Satan, pour lequel il a été recruté en qualité de moyen de transport... Hella ajoute, entre parenthèses, 'pourceau', Signé: Béhémoth». Il veut ce certificat parce qu'il veut «le présenter à la milice et à sa femme».

Nathalie Prokofievna (Natacha)

Natacha est la femme de chambre de Marguerite qui se frotte avec le restant de la crème d'Azazello aussi. Après le bal, Woland lui permet, comme tous les amis de Marguerite, d'être ramenée à la vie qu'elle souhaite, mais elle préfère rester une sorcière parce que Monsieur Jacques, un des invités au bal, lui avait proposé.

Ivan Savelïevitch Varienoukha

Varienoukha est l'administrateur du théâtre des Variétés. Après une réunion assez impolie avec Béhémoth et Azazello apparaît dans le hall de Sadovaïa 302-bis devant lui une jeune fille rousse complètement nue dont les yeux brillaient d’un éclat phosphorique. «Laisse-moi t’embrasser», dit tendrement la jeune fille, et, tout près de ses yeux, Varienoukha vit deux yeux étincelants. Alors Varienoukha s'évanouit et il n'a jamais senti l'embrace. Il devient un vampire et, ensemble avec Hella il terrorise le directeur financier Rimski, qui a été à peine sauvé par le cri joyeux d’un coq. Un coq braillard et bien dressé qui annonçait ainsi aux habitants de Moscou, en claironnant, que là-bas, à l’Orient, naissait l’aurore.

Varienoukha vient de варение [varenie] ou brasser. C'est aussi le nom d'un cocktail Ukrainien fait du miel, des baies et des épices bouillis dans la vodka. Différemment des Russes, qui exigent de vodkas froides, les Ukrainiens préfèrent des vodkas chaudes parce que, comme ils l'expriment si pittoresquement: «ils font fleurir un oeillet dans votre estomac». Pendant les siècles la varenoukha - ce qui signifie bouilli - était le boisson préféré des Cosaques, parce qu'elle alimentait leurs corps de guerrier pendant la journée et en leur rendait joyeux la nuit.

Grigori Danilovitch Rimski

Rimski est le directeur financier du théâtre des Variétés. Римский ou Rimski signifie Romain en russe. Après son rencontre déconcerté avec Varienoukha et Hella il fuit de Moscou avec le Léningrad-expres. Pendant l'investigation judiciaire après les événements il est découvert à Léningrad, caché dans une grande armoire de la chambre 412 de l’hôtel Astoria. Il ne donnait pas, ou ne voulait pas donner, des réponses sensées aux questions qu’on lui posait, et il est ramené à Moscou sous bonne garde. L'hôtel Astoria au square Saint-Isac était l'endroit où Boulgakov restait d'habitude quand il est était à Saint-Petersbourg.

Son nom vient du compositeur russe Nikolaï Andreïevitch Rimski-Korsakov (1844-1908), qui a écrit le fameux Vol du bourdon de l'opéra Les contes du Tsar Saltan (1899-1900) et la suite symphonique Shéhérazade (1888).

C'est assez ironique que le directeur financier du théâtre des Variétés, avec son esprit rationnel un opposant des scéances de magie noire, a le même nom qu'un compositeur qui a fait sa musique sur base de légendes pagants et folklore, comme Nuit de mai (1880) et Une nuit sur le mont Chauve (1886), un poème symphonique qu'il avait terminé pour Modeste Petrovitch Moussorgski (1839-1881).

Pour l'info: dans la série télévisée Мастер и Маргарита [Master i Margarita], réalisée par Vladimir Bortko en 2005, l'orchestre du théâtre des Variétés joue Shéhérazade de Rimski-Korsakov au début du spectacle de Woland.

Sophia Pavlovna

Pavlovna est la citoyenne avec le gros livre dans la maison des écrivains Griboïedov qui, «on ne sait pour quelles raisons», inscrivait les noms de ceux qui entraient au restaurant. Elle refuse l'admission à Koroviev et le Béhémoth quand ils ont leur dernier passage destructif à Moscou. Elle a le même nom que l'héroïne de la pièce de théâtre Du Malheur d'avoir de l'esprit écrit par Alexandre Sergueïevitch Griboïedov (1795-1829).

Quand elle doit permettre l'entrée au joli couple après une intervention d'Archibald Archibaldovitch, ils s'inscrivent sous les noms des auteurs Ivan Ivanovitch Panaïev (1812-1862) et le critique et journaliste Alexandre Mikhailovitch Skabitchevski (1858-1912). Aucun des deux n'a vécu dans l'ère soviétique, mais Boulgakov les considérait comme les auteurs de niveau très bas. Selon lui ils n'avaient aucune opinion propre et ils faisaient leurs jugements juste basés sur des éléments superficiels comme l'adhésion d'un club d'auteurs. Donc ils sont échangeables, ce que Boulgakov illustre quand ils s'inscrivent. Koroviev a écrit Skabitchevski à côté du nom Panaïev et Béhémoth a écrit Panaïev à côté de Skabitchevski.

Quand même, Skabitchevski pourrait quelquefois se démener sévèrement. Il a une fois écrit un article sur l'Adolescent de Fiodor Mikhaïlovitch Dostoïevski et il a jugé que Dostoïevski «était très négligent comme artiste et romancier et démontrait quelquefois un manque stupéfiant de talent».



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