Aloisius Mogarytch

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Rôle

Quand Marguerite demanda à Woland de la ramener avec le maître dans le sous-sol de la petite rue, près de l'Arbat, le maître a dit: «Ah! ne faites pas attention à ce que dit cette pauvre femme, messire! Il y a longtemps que le sous-sol est occupé par un autre locataire». Mais Woland disait: «Mais on peut essayer». Et il criait: «Azazello!»  À l’instant dégringola du plafond un citoyen en linge de corps, totalement désemparé et au bord de la folie. Il avait - on se demande pourquoi - une casquette sur la tête et une valise à la main. Avec ctte descriptione Boulgakov rappelait au fait que sous la terreur de Staline chaque citoyen soviétique avait toujours une valise prête avec les choses les plus nécessaires, au cas d'une visite inattendue de la police secrète la nuit.

Le citoyen en linge de corps, totalement désemparé et au bord de la folie était Aloisius Mogarytch, un journaliste qui avait écrit des articles compromettants sur le Maître et qui l'avait signalé pour la possession de litterature illégale. Il avait espéré emménager dans le sous-sol du maître après son arrestation. Et il y est arrivé.

«Apprends ce que c’est qu’une sorcière! Tiens!», Marguerite criait d’une voix perçante, et elle plantait ses ongles dans le visage d'Aloisius Mogarytch.

Contexte

Le prénom Aloisius que Boulgakov alloue à Mogarytch semble assez étrange dans les oreilles des russes. Surtout dans la combinaison assez absurde du mot latin Aloisius avec l'argot russe Mogarych. Ce mot est utilisé pour offrir à boire quand une affaire est conclue et a la forme d'un nom de famille ici. Ce mot a une nuance mauvaise parce qu’il suggère un usage exagéré de l’alcool, et parfois des pots-de-vin.

Ceux qui lisent Le Maître et Marguerite en français, en néerlandais ou en anglais, font seulement connaissance avec Mogarytch dans le susdit extrait. Dans la version russe le Maître parle déjà de lui à Ivan à l'hôpital du docteur Stravinski, comme vous pouvez lire en cliquant le lien ci-dessous. Le texte en bleu n'est pas dans les traductions. Ainsi quand vous le lisez, n'oubliez pas qu'il a été traduit par quelqu'un qui a juste fini sa première année de russe...  :-)  Dans le feuilleton Мастер и Маргарита le réalisateur Vladimir Bortko montre le rencontre entre le Maître et Mogarytch, comme vous pouvez le constater dans l’ extrait que vous pouvez regarder en cliquant le deuxième lien.

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Cliquez ici pour regarder le rencontre du Maître et Mogarytch

Le personnage de Mogarytch est inspiré par le dramaturge Sergueï Alexandrovitch Yermolinski (1900-1984), qui fait la connaissance, en 1929, à Maria Artemievna Tchimichkian (1904-?), une amie de Boulgakov et de sa deuxième femme Lioubov Ievguénieva Belozerskaïa (1894-1987). Après quelque temps Sergueï et Maria se sont mariés et ils ont déménagé à la petite maison de Sergueï Sergueïevitch Topleninov dans Mansurovski pereulok 9. Cette petite maison en bois donnerait l'inspiration pour le sous-sol où a vécu le maître avec Marguerite.

Donc Yermolinski est devenu un ami de Boulgakov par son mariage avec Maria Arternievna, mais Lioubov Belozerskaïa a écrit dans ses memoires qu'elle n'avait pas confiance en lui. Elle l'appelait un homme avec deux visages.

Dans la vie réelle Boulgakov lui-même a été aussi dérangé par des «insinuants». Au cours des 'années 30 les Boulgakov étaient souvent visités par des fouineurs et des informateurs, comme le journaliste et le dénonciateur Leonid Isaakovitch Kantorovitch (1911-?), l'écrivain et traducteur Emmanuel Lvovitch Zioukhovitski (1881)1937) et l'acteur et réalisateur du MKhAT Grigori Grigorievitch (Gricha) Konsky (1911-1972). Boulgakov n'avait d’autre choix, que de les tolérer, bien qu'ils insistaient obstinément pour constamment réorienter les discussions vers des questions politiques. Cette situation a provoqué des tensions et la consolation de Boulgakov était sans doute la joie qu’il a trouvé en les provoquant de temps en temps.

Mogarytch est seulement légèrement puni par Woland. Dans l'épilogue on apprend qu'il devient même un fonctionnaire important: il succède à Grigori Rimski comme le findirecteur du théâtre des Variétés.



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