Dramlit

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Context

Dans le chapitre 21 Marguerite vole de Maloïe Vlasevskii via Arbat et le Théâtre de Vlakhtangov à a maison Dramlit ou la Maison pour Dramaturgistes et Littérateurs dans Bolchoï Nikolopeskovski pereulok près d'Arbat. Dans cette rue j'ai trouvé le Театральный институт имени Бориса Щукина [Teatralni institout imeni Borisa Chtchoukina] of de L'école de théâtre Boris Chtchoukine, mais pas de maison Dramlit.

Dans le roman le critique Latounski, qui avait ruiné le maître, habite dans une maison pour les auteurs élitaires, qui dans la traduction française est décrite comme «une énorme et luxueuse maison de huit étages, de construction visiblement toute récente». La façade du bâtiment était couverte de marbre noir. Marguerite commençait son pogrom dans l'appartement 84 - «Latounski quatre-vingt-quatre... Latounski quatre-vingt-quatre...», elle répétait avec une sorte d’ivresse pendant qu'elle montait l’escalier d’un vol impétueux.


Prototype

Mais il n'y avait pas de tel bâtiment dans Nikolopeskovski pereulok. Boulgakov avait simplement projeté un autre bâtiment, construit en 1935, à cet endroit. Cet autre bâtiment était de l'autre côté de la rivière de Moscou dans le Lavroutchinski pereulok no. 17, près de la Gallerie  Tretiakov. L'appartement no. 84 de ce bâtiment était effectivement au septième étage et ressemble bien à la description dans le roman, aussi bien que les autre appartements s'ailleurs.

Dans l'appartement no. 84 de cet immeuble a effectivement habité Osaf Semenovitch Litovski (1892-1971), le chef du Главный репертуарный комитет (Главрепертком) [Glavni repertouarni komitet] (Glavrepertkom) ou le Comité central pour les répertoires, de 1930 à 1937. Litovski a introduit le terme Boulgakovchtchina ou Boulgakovisme après les premières représentations de la pièce Les Jours des Tourbine. Une description très proche de la personnalité du critique Latounski.

Sept étages? Ou huit? Il faut y avoir été pour le savoir. Le texte de Boulgakov mentionne: восьмиэтажного [vosmietajnogo] ou huit étages. Les traducteurs français l'ont juste traduit comme «une énorme et luxueuse maison de huit étages, de construction visiblement toute récente». Dans la traduction néerlandaise pourtant nous lisons «sept étages». Cette confusion résulte du fait qu'en Russie le rez-de-chaussée est considéré comme la «première étage». Le bâtiment a ainsi huit étages: sept étages et le rez-de-chaussée, comme vous pouvez voir sur la photo.

Dans Nikolopeskovskii pereulok est aussi située la maison où a vécu le compositeur Alexandre Nikolaïevitch Skrouïabine (1872-1915) de 1912 à 1915 et qui a été fréquenté tant par Boulgakov que par Boris Leonidovitch Pasternak (1890-1960).


Pas de place pour Boulgakov

La raison pourquoi Boulagov a visé ce bâtiment dans Lavrouchinski pereulok devient clair si vous savez qu’il était destiné pour les auteurs élitaires. Il a été construit en 1935, peu de temps après que Boulgakov avait reçu un appartement dans un bâtiment nettement moins prestigieux, la Первый писательский жилищный кооператив [Pervi pisatelski jilichtchni kooperativ] ou la Première coopérative résidentielle pour écrivains dans la rue Fourmanov no. 3/5 (maintenant Nachtchokinski pereluok). Comme un auteur «de disposition idéologique discutable», Boulgakov ne méritait pas de meilleure habitation. De février 1934 jusqu'à sa mort en 1940, Boulgakov a vécu là avec sa troisième épouse Elena Sergueïvna.

Métro: Третьяковская (Tretyakovskaya)



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