L'hôpital de Stravinski

Leningradski prospekt est une des artères les plus occupées de Moscou. Ce grand boulevard est la continuation de la rue de Tver (Tverskaïa), la plus longue rue commerciale en ville et mène, parmi d'autres endroits, à l'aéroport international de Sheremetyevo dans le nord-est. Nous arrivons près de cette route en suivant l'itinéraire de Boulgakov pour trouver l'hôpital psychiatrique du docteur Stravinski.

Boulgakov décrit "une fameuse clinique psychiatrique, récemment bâtie près de Moscou, au bord de la rivière", équipé avec les plus nouvelles ma-chines - "vous ne trouverez nulle part de pareille installation, même à l’é-tranger. Des savants et des médecins viennent spécialement ici pour visi-ter notre clinique. Chaque jour, nous recevons des touristes étrangers". C'est là où Ivan voit, "derrière le grillage, un balcon, au-delà duquel serpen-tait une rivière dont l’autre rive était occupée par un charmant bois de pins".

Sans doute cet hôpital, où Ivan a rencontré le Maître pour la première fois, a été inspiré par l'Hôpital de ville no. 1 de Khimki. Cet hôpital a été con-struit en 1907, au début comme une datcha pour l'homme d'affaires et bienfaiteur Sergeï Pavolvitch Patrikeïev (1867-1914) par un architecte mo-derne réputé, Frants Osipovitch Chekhtel (1859-1926), qui avait aussi conçu, en 1902, le Théâtre des Arts de Moscou et beaucoup d'autres bâti-ments toujours existants à Moscou.

L'hôpital de Khimki était rempli avec le meilleur équipement venant de l'Al-lemagne et de la Suisse et a servi comme hôpital, après restaurant, alors maison de retraite, et finalement hôpital de nouveau.

Selon la plaque commémorative à l'entrée, on y a traité Lénine deux fois, en 1918 et 1920. Le docteur en chef du sanatorium, Feodor Aleksandro-vitch Gete (1863-1938) était le médecin de Lénine et sa famille. C'est pro-bablement la raison principale pour la rétention de ce monument d'archi-tecture, parce que l'attitude des autorités aujourd'hui pour sa préservation est beaucoup plus distante. Bien qu'à l'entrée il y ait une plaque avec le texte Памятник архитектуры ou Monument d'architecture, la maison n'est pas bien gardée et même fortement négligée par le Управлением госу-дарственного контроля охраны и использования памятников исто-рии и культуры Москвы, l'Administration du contrôle public de la protec-tion et de l'utilisation des monuments historiques et culturels de Moscou. En fait, c'est un miracle que le bâtiment a survécu à la construction du péri-phérique - le MKAD - et l'expansion super-rapide de Khimki avec ses entre-prises de technologie, ses centres commerciaux et ses énormes maga-sins à grande surface.

L'hôpital est situé à la rue Pravoberejnaïa 6 au bord de la rivière de Mos-cou. Le "charmant bois de pins" pourrait alors être celui près du Речной вокзал (Rechnoï Vokzal)  ou la Gare de la Rivière.

Vivre dangereusement

La vie d'un webmaster ne se limite pas à passer des heures devant l'écran du pc comme un crétin. Si vous voulez perfectionner votre site Internet et retenir l'attention de vos visiteurs, vous êtes obligé de sortir de temps à autre. Ce qui implique parfois quelques risques.

Dimanche, le 30 septembre 2007, je voulais faire une promenade dans Moscou à nouveau pour faire plus de photos d'endroits rattachées au ro-man. Sur ma liste figurait cette fois-ci, parmi d'autres, la clinique de docteur Stravinski.

Le temps était magnifique - un été indien merveilleux avec un très beau so-leil - et, grâce aux compétences en négociation d'Elena Zavadskaya, une copine qui havite à Moescou, nous avions trouvé un chauffeur de taxi dis-posé à nous aider dans notre recherche. Après quelques efforts de sa part nous avons trouvé l'endroit. Malheureusement on ne nous a pas admis l'accès au bâtiment pour faire des photos de l'intérieur, mais bon, le but principal était achevé.

Sur le chemin de retour, nous avons subitement remarqué que nous éti-ons suivis par une Lada noire qui roulait dans notre sillage comme un dé-ment. Sur Leningradski propspekt le chauffeur de cette voiture a fait plu-sieurs essais de nous faire arrêter. Mais notre chauffeur, pas un mollas-son apparemment, a réussi très habilement d'en échapper chaque fois. Ce n'était pas amusant, mais c'est devenu vraiment angoissant quand une deuxième Lada noire se présentait pour aider la première. Cette deuxième voiture a essayé de venir devant nous pour nous faire arrêter, pendant que la première nous a passés du droit et le chauffeur subitement braquait un pistolet sur nous. Il n'y avait plus d'issue, nous avons été coincés et nous avons dû nous arrêter. Pendant que le chauffeur de la première voiture, le pistolet dans la main, approchait notre voiture, notre chauffeur a décidé d'employer les grands moyens. Il a accéléré comme un pilote de Formule 1 et il a réussi à échapper. C'était le début d'une course-poursuite effrénée, un tissage entre les voitures de milliers de Moscovites qui retournaient à la maison de leurs datchas.

Mais peut-être nous étions protégés par de plus hautes forces, parce qu'a-près deux ou trois kilomètres la милиция (militsia) ou la police avait blo-qué la rue. D'autres chauffeurs avaient donné l'alerte et la police a réussi à arrêter le fou. Tous est bien qui finit bien, l'on aurait pu penser. Mais l'hom-me, un Chechen qui a déclaré qu'il détestait les Russes du fond de son coeur, non seulement avouait tout de suite qu'il nous avait menacés avec un pistolet chargé, mais il montrait également de manière spontanée son permis de port d'armes à la police. Nous n'avons pas attendu pour en connaître la fin, nous avons payé le chauffeur et nous nous sommes ren-dus à pied à la Maison de Bulgakov dans la rue Bolchaïa Sadovaïa pour une bonne tasse de café dans le Café 302-bis.

Métro: Речной вокзал (Rechnoy Vokzal)